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19
Juil-2014

De Séoul à Montréal: L’humain au centre de la société Japonaise

L’humain au centre de la société Japonaise

Une campagne bucolique

Les petites routes japonaises qui s’enfoncent dans la campagne ressemblent à nos départementales, souvent bordées de pistes cyclables. On s’y sent bien. Je vais les parcourir de Hiroshima à Fukuchiyama à travers le parc national du Guzan pour rejoindre au final Kyoto. Cette partie de la grande île est constituée par des pics montagneux qui sont autant de puys volcaniques côte à côte à contourner ou à escalader. Les pentes sont douces, excepté vers les sommets ou elles peuvent atteindre plus de 13% comme dans le col de Shibiki franchi en poussant mon attelage. Entre, enveloppées dans un drap de brume vaporeux, des vallées étroites s’entortillent avec des cours d’eau de montagne. Tout est peint dans les nuances de vert. Les rizières en cascades occupent les moindres parcelles avec leurs nuances de vert bleu. Comme des virgules blanches saillantes des familles de hérons ponctuent ce paysage et se délectent de grenouilles et serpents qui pullulent. Des sapins et d’immenses thuyas colonisent les flancs comme des combattants serrés au garde à vous dans leurs uniformes kaki. Pas d’élevage ici, ou peu, en stabulation. Les nombreuses fermes, en forme de pavillons, témoignent d’une campagne densément peuplée et cultivée en petites exploitations.

Tradition de l’accueil japonais oblige

Le climat est chaud, plus de 30° et moite. Je devrais également essuyer une journée complète d’un déluge de pluie avec le début de la saison humide. Deux campings improvisés aux abords d’un cimetière et d’une casse de voiture me rappellent à la rareté des hébergements dans la campagne et à l’aventure. Partout où je roule c’est le même accueil, amical, respectueux et toujours de bon service. Comme cette japonaise qui, ayant croisé mon drapeau français de bon matin, est allée m’acheter des croissants et un jus d’orange pour me les offrir après m’avoir rattrapé. Comme cet homme rencontré sur un pont qui m’a conduit vers une chambre d’hôtes. Quel bonheur de partager les tatamis de fins bambous, les cloisons de papier et le jardin d’intérieur de cette maison traditionnelle. Non content de cela, mon guide m’a offert le repas comme pour me remercier de l’avoir suivi. Comme ces jeunes qui se sont mobilisés pour résoudre mon problème d’intendance vélo un jour de fête à Kyoto et ont finalement trouvé le précieux emballage impératif pour la poursuite du voyage.

Kyoto perpétue la tradition du Gion Matsuri

Surprise, à Kyoto dans le quartier du Gion, on commémore chaque 17 juillet, depuis l’an 869, le rite de la lutte contre la peste qui à l’époque sévissait sur la ville. Des chars, impressionnants par la hauteur de leurs mâts, plus de 6 étages, accompagnés par des musiciens défilent dans les avenues, tirés par les habitants ou corporations des quartiers revêtus des costumes traditionnels. La ville est à cette image. C’est une des rares grandes métropoles à avoir conservé ses alignements de maisons en bois d’époque et de nombreux temples et palais. Il n’est pas rare d’ailleurs d’y croiser les citoyens en kimonos et sabots de bois sur le pas des portes coulissantes dans des ruelles étroites où les vélos se glissent malicieusement. Mobilisé pour relever le défi d’emballer ma monture avec roues et bagages pour le lendemain et un départ par train à grande vitesse, le fameux Shinkansen, pour Tokyo et l’aéroport de Narita à plus de 100km en périphérie, je n’aurai pas l’occasion d’en visiter les trésors, priorité oblige.

Une société à visage humain

J’ai la nette impression qu’au Japon on a remis l’humain au centre d’une réflexion de la société nipponne. Ainsi, si des machines automatiques distribuent toutes sortes de produits, il y a toujours quelqu’un qui vient vous secourir face à la calligraphie japonaise pas toujours doublée en version anglaise. Prenez les restaurants, c’est toute une armée qui officie de l’accueil à la cuisine. Nous cherchons à réduire les coûts, ils cherchent à satisfaire au mieux le client. Oui, ils sont comme ça les japonais, et même si le règlement c’est le règlement, on vous assiste pour mieux vous le faire comprendre, toujours avec grande déférence, comme si vous étiez cette personne importante cet hôte que l’on veut satisfaire par plaisir et par respect.

Une nuit à l’aéroport et 13h d’avion auront raison de la forme qui revient. Elle sera nécessaire dans les grands paysages sauvages de l’Alaska, mais c’est une autre histoire.

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